En dépit d’une conjoncture internationale difficile marquée par la stagnation de l’activité, de la production et par la flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques, l’économie guinéenne a manifesté une certaine capacité d’adaptation au cours des neuf premiers mois de l’année 2008.
1. Secteur réel
Sur la base des estimations macroéconomiques, la croissance du PIB en termes réels serait de 4,9% en 2008, contre 4,5% initialement prévu. Elle proviendrait essentiellement de l’augmentation significative des valeurs ajoutées dans les secteurs de la construction, de l’exploitation minière et agricole. Toutefois, l’impact de la crise financière mondiale conjugué à l’insuffisance d’infrastructures d’électricité, d’eau potable et de transport, pourrait donner une croissance économique en deçà de l’objectif de 2008.
2. Secteur des finances publiques
La mise en œuvre du système de gestion des ressources budgétaires a enregistré des résultats fiscaux satisfaisants, mais encore insuffisants. A fin septembre 2008, la pression fiscale a enregistré une hausse significative de 1,2 point en pourcentage du PIB. Elle est passée de 10,4% il y a un an à 11,6% à fin septembre 2008 (avec 11,1% du PIB pour les recettes fiscales et 0,6% pour les recettes non fiscales). Sur la période, les dépenses courantes n’ont augmenté que de 0,8 point, passant de 8,0% du PIB en 2007 à 8,8% à fin septembre 2008 (avec 7,4% du PIB pour les dépenses primaires et 1,4% pour les dépenses liées aux paiements d’intérêts de la dette publique). Quant aux dépenses d’investissement sur les ressources propres, elles ont également connu une expansion de 0,6 point en pourcentage du PIB, pour se situer à 1,7% à fin septembre 2008 contre 1,2% du PIB en 2007. Cette expansion résulte en partie, de l’impact de la restauration progressive de l’autorité de l’Etat. Ceci s’est traduit par un repli sensible du solde primaire de 0,2 point, passant de 2,7% du PIB à fin septembre 2007 à 2,5% en 2008.
Par ailleurs, sur la base des prévisions, les efforts de recouvrement ont enregistré une plus-value cumulée de 1,0% du PIB pour les recettes fiscales contre un manque à gagner de 0,4% en recettes non fiscales, du fait de l’impact d’une instabilité sociale. En revanche, les dépenses courantes auraient enregistré une économie apparente de 0,3% du PIB (avec 0,3% pour les dépenses liées aux paiements d’intérêts de la dette publique contre une expansion sensible de 0,02% du PIB pour les dépenses primaires). Quant aux dépenses d’investissement sur les ressources propres, elles ont enregistré une expansion de 0,7 point, en atteignant 0,7% du PIB à fin septembre 2008. Ainsi, le déficit fiscal n’a été que de 0,3% du PIB contre un objectif de 0,9% à fin septembre 2008. Parallèlement, le solde primaire a atteint 2,5% du PIB contre une prévision de 2,6%, du fait d’une expansion significative des dépenses primaires sur la période.
3. Secteur monétaire
Les données du mois de septembre 2008, comparées à celles de décembre 2007, indiquent que les agrégats monétaires ont enregistré une augmentation de 25,4% pour la masse monétaire, 8,7% pour la base monétaire et un désendettement de 2,0% au titre du financement des opérations budgétaires par la Banque centrale.
Sur le marché de change, l’insuffisance des réserves de change conjuguée à la faible diversification des produits d’exportation, explique en partie, la dépréciation du franc guinéen face à l’euro de 12,7% au cours officiel contre 13,4% sur le marché parallèle. Concomitamment, face au dollar américain, le franc guinéen s’est déprécié de 14,4% au cours officiel et de 14,7% sur le marché parallèle. Cette dépréciation associée à la flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques, traduirait entre autres, une reprise des tensions inflationnistes. Ainsi, en glissement annuel, le taux d’inflation s’est accru de 12,8% en décembre 2007 à 20,7% en septembre 2008, avec 63% d’ajustement à la hausse des prix des produits pétroliers à la pompe en mai 2008.
4. Secteur extérieur
A fin septembre 2008, les performances du secteur extérieur ont été mitigées. En effet, les efforts de mobilisation des dons et emprunts ont diminué de 0,6 point en pourcentage du PIB, du fait entre autres, de l’impact de la crise financière mondiale, aggravée par les mouvements de revendication pour l’amélioration du pouvoir d’achat. Ils sont passés de 0,9% du PIB en 2007 à 0,3% à fin septembre 2008 (avec 0,2% pour les dons affectés et 0,1% du PIB au titre de l’aide budgétaire). Sur la base des prévisions, ces dons et emprunts ont connu un important manque à gagner de 1,3% du PIB (avec 0,8% pour les dons affectés et 0,5% du PIB au titre de l’aide budgétaire).
En outre, selon les estimations de la Douane, le déficit commercial sur les biens a été multiplié par 4,5, du fait en partie, de l’impact de la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires et énergétiques, conjuguée à la faiblesse du dollar américain face à l’euro. Par conséquent, le taux d’ouverture du pays au reste du monde s’est accru d’environ 6 points en pourcentage du PIB, pour se situer à 40,0% à fin septembre 2008 contre 34,4% il y a un an. |
Production (cumulée et comparée à la période précédente)
| Bauxite (mille tonnes) |
18,7 |
11,2% |
- CBG |
10914,5 |
11,5% |
- CBK |
2 334,2 |
9,4% |
| Alumine (mille tonnes) |
490,6 |
21,9% |
| Ciment (mille tonnes) |
256,0 |
21,9% |
| Electricité (MW) |
471169 |
6,0% |
| Eau (m3) |
31937019 |
27,3% |
| Boissons gazeuses (hectolitres) |
208 439 |
-5,7% |
- BONAGUI (hectolitres) |
51 342 |
-5,7% |
- SOBRAGUI (hectolitres) |
157 097 |
59,0% |
| Farine (mille tonnes) |
15,5 |
-49,9% |
| Poisson (pêche industrielle, tonnes) |
5607 |
116,1% |
| |
|
|
Effectif civil moyen de la Fonction
publique payé par l'Etat |
68 196 |
11,3% |
Quelques postes du secteur financier (cumul en mrds. GNF et taux
de réalisation par rapport aux prévisions)
| Recettes courantes |
2432,7 |
104,9% |
| Secteur minier |
518,4 |
98,5% |
| Secteur non minier |
1 914,3 |
106,8% |
| Dépenses courantes |
1 836,5 |
97,0% |
- traitements et salaires |
635,0 |
99,1% |
- intérêts dette publique ext. |
147,0 |
95,1% |
| Dépenses d'investissements |
659,4 |
106,7% |
- sur financement extérieur |
300,7 |
75,8% |
- sur financement intérieur |
352,2 |
175,3% |
| Solde base engagement hors dons |
-63,2 |
32,7% |
Quelques agrégats du secteur monétaire (comparés à ceux du
dernier mois de l'année précédente)
| Masse monétaire |
4260 |
31,2% |
| Base monétaire |
2121 |
20,7% |
| Taux d'inflation (glissement annuel) |
20,7% |
en pts : 60,2 |
| Prime de change (GNF/USD) |
1,8% |
-en pts : 9,2 |
| Prime de change (GNF/ € ) |
2,4% |
-en pts : 5,6 |
Agrégats du secteur extérieur (milliards GNF, comparés à ceux du
même mois de l'année précédente)
| Solde commercial (Douane) |
-826,0 |
90,5% |
| Exportations |
138,6 |
-36,3% |
| Importations |
964,7 |
48,2% |
| Taux moyen de l'Euro |
1,44 |
3,4% |
| Prix moyen de baril de pétrole |
101,79 |
34% |
|