PROCESSUS D’INTRODUCTION ET D’APPROPRIATION DES TICs EN GUINEE
A nos jours, le processus d’introduction et d’appropriation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en Guinée se heurte à plusieurs contraintes dont entre autres:
- l’inexistence d’une stratégie nationale (vision) clairement définie et adoptée par les parties prenantes (public, privé, société civile, partenaires) ;
- l’insuffisance ou l’inexistence d’infrastructures et de l’Accès au haut débit (backbone national et International bande passante, capacité);
- La faiblesse du cadre institutionnel et réglementaire
- l’absence de plate-forme de concertation entre les acteurs et de coordination;
- Le non rapatriement et de la gestion du domaine Internet de Guinée (.GN) ;
- l’absence de point d’échange national (entre fournisseurs d’accès à Internet) ;
- l’Insuffisance ou l’inexistence d’application métiers transversales;
- l’Insuffisance de personnel qualifié dans le domaine des TIC.
Cet ensemble d’éléments est caractéristique du degré élevé de la fracture numérique et du faible niveau d’introduction de notre pays dans la société de l’information et du savoir.
Ainsi, les carences accumulées dans le développement du secteur, le défaut de connectivité large bande et la faiblesse de l’accès au haut débit, ne permettent pas non seulement de tirer profit des potentialités des TIC, mais encore constituent un sérieux handicap pour le succès de toute politique et stratégie de développement des TIC en Guinée. Ce handicap s’il persiste peut conduire à la marginalisation du pays et de sa population et à son exclusion de la société mondiale de l’information et du savoir.
Dans le domaine spécifique de l’informatisation de l’administration et de l’e-gouvernance, divers éléments empêchent actuellement la Guinée de maîtriser son outil informatique qui rend difficile la modernisation de l’Administration publique, il s’agit notamment de:
- l’absence de plans opérationnels informatiques des différents départements, définis en application d’une stratégie informatique globale, par ailleurs inexistante ;
- L’absence de coordination et d’hiérarchisation des priorités en matière d’introduction, d’applications métiers au sein de l’administration (finances, douanes, banque centrale, fonction publique). Applicatifs en dents de scie plus ou moins performants ;
- L’interface entre les professionnels et les décideurs est insuffisante ainsi que la volonté politique ;
- L’organisation cloisonnée des différents services informatiques pour ce qui existe et l’absence de coordination et d’harmonisation dans l’analyse des processus métiers à informatiser au sein des départements au niveau national ;
- L’acquisition d’équipements informatiques qui ne résulte pas d’une analyse fonctionnelle des départements et suivant des cahiers de charges bien établis.
- Les coûts des équipements et réseaux informatiques ne sont pas maîtrisés
- La sécurité informatique n’est pas assurée par manque de coordination au niveau national ;
- L’organisation et la gestion des projets informatiques ainsi que le suivi et la définition de nouveaux projets sont mal assurés.
Ces faiblesses s’expliquent par l’inexistence de stratégie nationale, de vision et de coordination de l’engagement des décideurs à tous les niveaux.
La gestion préfectorale de l’outil informatique est également entravée par un important déficit d’équipements et de personnel qualifié dans la mise en place de centre de collecte et d’enregistrement de données transférables au niveau central. Ces manquements résultent, entre autres, d’une définition insuffisante des niveaux de service attendus au niveau central (finances publiques, budgets, gestion du personnel, écoles, santé…)
Dans cette situation, les départements de notre Administration d’aujourd’hui, fonctionnent encore en " silo" (faible interconnexion et capacité de connexion à internet, pas des réseaux fiables, pas de collaboration : intranet, extranet), ceci fait qu’ils communiquent peu, partagent peu et évoluent difficilement.
Dans son ensemble l’Administration publique est caractérisée par une gestion financière lourde, une gestion du personnel opaque et une gestion budgétaire aux résultats mitigés. Le tout, entraînant la corruption, le détournement, l’intermédiation, la pauvreté et la précarité.
Le citoyen est mal servi et mal informé, l’entreprenariat et la création d’emplois sont muselés, le coût de l’accès à l’information est élevé.
Cependant, les TIC présentent des opportunités réalistes d’accompagner la relance économique. Il s’agira de mettre en place une infrastructure et des solutions informatiques pour faire interagir les acteurs et les interlocuteurs, afin d’offrir des services de qualité, accessibles et sécurisés dans les meilleurs délais, les meilleures conditions et à des coûts abordables.
La grande similitude des besoins et objectifs des départements ministériels constitue une opportunité d’harmoniser les approches et de fédérer les énergies en déployant une stratégie globale et une infrastructure commune. Cette infrastructure permettra notamment de mutualiser les ressources humaines et financières ainsi que les équipements et capacité de l’accès à Internet. Elle permettra également d’interconnecter tous les départements en réseaux entre eux et de créer ainsi un espace de communication et de collaboration englobant progressivement toutes les structures de l’Administration y compris les structures déconcentrées de l’intérieur de pays.
Cette interaction entre les TIC et les composantes de la gouvernance, contribue à la reforme de l’Etat et à la modernisation de l’Administration publique : e-gouvernance. Entant que tel elle doit être perçue comme un outil important dans la modernisation de l’Administration publique, la lutte contre la corruption et les détournements. Hissée au plus haut niveau de l’Etat, l’e-gouvernance doit être accompagnée d’une volonté politique affichée et d’un leadership affiché avec l’implication des décideurs à tous les niveaux (ministres, agents publics et utilisateurs) pour entamer les reformes nécessaires et vaincre les résistances au changement.
Les objectifs d’une stratégie nationale des TIC visent spécifiquement à contribuer:
- au développement des infrastructures et de l’accès ;
- à l’amélioration de la gouvernance ;
- au renforcement des capacités institutionnelles et humaines ;
- à la réalisation d’une croissance économique forte et durable ;
- à la facilitation de l’accès équitable et inclusive à l’information et au savoir ;
- au développement du secteur privé et à la création d’emploi pour les jeunes.
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