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Dans la soirée du Lundi 22 Décembre 2008, le Président Lansana Conté est rappelé à Dieu des suites de maladie.
L’opinion publique quoique attentive à l’état de santé préoccupant du Chef de l’Etat a été prise au dépourvu par cette fulgurante disparition à l’instar des autorités sur la question de la succession du feu Général. Des interrogations et supputations font surface.
Fallait-il appliquer la Constitution qui indiquait le Président de l’Assemblée pour assurer la transition, alors que le Parlement était hors mandat depuis 2 ans ?
Qui devait gérer les affaires courantes avec un Gouvernement remanié et confronté à des querelles byzantines ?
La grande muette face à cet imbroglio a donc décidé de parer à toute dérive en procédant, et, cela sans effusion de sang, à la prise en main les destinées du pays.
Les Guinéens se réveillent ce Mardi 23 Décembre 2008 tout comme le 3 Avril avec une nouvelle donne : le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD).
Ce groupe de jeunes officiers dirigés par le Capitaine Moussa Dadis Camara suspend la Constitution, démet toutes les Institutions Républicaines et décide de relancer la Guinée sur la voie d’une démocratie véritable basée sur le respect de la dignité humaine et des libertés.
Au-delà de l’émergence de l’Armée dans les affaires politiques - acte que la Communauté internationale pour des raisons de principe a condamné – il convient de procéder à une lecture positive et pragmatique de la situation sociopolitique qui prévalait.
En sa qualité de bras séculier de la République, il fallait que les Forces Armées s’impliquent activement pour ramener de l’ordre dans la Cité. Cependant, au sein de cette institution, la grogne existait notamment à l’encontre de la haute hiérarchie qui n’arrivait plus à répondre aux aspirations de la troupe.
Les premiers soubresauts découlant de ce malaise ont lieu courant 2007 avec pour point d’orgue un affrontement sans précédent entre les Forces de défense et de sécurité.
Face à ce charivari, le Capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons décident d’assumer leur responsabilité vis-à-vis de la Nation.
La population affaiblie par les privations et une situation économique de totale précarité, confrontée à une administration minée par la corruption et l’apparition de réseaux mafieux infiltrés par les cartels de la drogue suit avec enthousiasme et beaucoup d’espoirs l’émergence de la nouvelle équipe dirigeante.
C’est à une adhésion unanime de toutes les composantes de la Nation que l’on assiste. Les leaders politiques saluent l’acte historique qui remet les pendules à l’heure. Pourquoi ce sursaut de CNDD ?
La Guinée sur le plan économique est un « scandale ». Scandale géologique, agricole, hydraulique, halieutique, géographique où cependant les populations privées d’eau et d’électricité ont à peine accès aux soins de santé et au logement, toute chose relevant des besoins primaires de l’homme.
Ce ras-le-bol des populations, s’est exprimé en ce Mardi 23 Décembre 2008 à travers l’acte patriotique du Capitaine Moussa Dadis Camara et de ses compagnons.
Si l’on définit la Démocratie comme l’expression populaire, donc gestion de la cité par le Peuple comment la Communauté internationale ne pourrait procéder à une lecture raisonnable des motivations des Guinéens quant à la réalisation de leurs profondes aspirations ?
La liesse populaire qui s’est emparée du pays à l’annonce de l’avènement du CNDD, constitue la manifestation d’une aspiration profonde et du changement dans un milieu où une poignée d’individus et agents s’étaient accaparés des ressources du pays vivant de manière seigneuriale tout en méprisant cette majorité de compatriote croupissant dans l’indigence, la mendicité et le désarroi.
Comment rester indifférent à cette couche juvénile qui ne voit aucun avenir se profiler à l’horizon, en proie au chômage alors que les effectifs de l’administration sont investis par des gens du troisième âge ?
Comment rester les bras croisés quand l’argent sale permet de tout acquérir et de tout se permettre au vu et au su de tous ?
Face à une situation intérieure explosive et fidèle à son serment de toujours servir la République, l’armée à travers les officiers du CNDD trouve la parade avec élégance et intelligence.
Ceci est d’autant plus remarquable qu’aucun pays africain n’a de son histoire, connu l’arrivée au pouvoir de l’Armée sans qu’il n’y ait ni arrestation des autorités, ni coups de feu et ni pertes en vies humaines. C’est cela l’expression la maturité du Soldat guinéen.
Issu du Peuple et au service des populations, l’Armée guinéenne ne pouvait que s’investir et s’engager dans cette voie de sauvegarde de l’unité nationale et de la consolidation des fondements de la République.
C’est pour ces raisons que la Communauté internationale devrait appuyer et accompagner l’action du CNDD dans sa volonté de mettre fin aux pratiques entravant l’émergence d’une Guinée démocratique dotée d’Institutions découlant de la volonté populaire pour une meilleure gestion des immenses ressources naturelles du pays.
Il serait incompréhensible qu’un tel acte de patriotisme du Capitaine Moussa Dadis Camara et de ses compagnons du CNDD soit considéré comme une action délibérée et individualiste. Il s’agit de la préservation de l’intérêt national, de la sécurisation de l’avenir de la Guinée, car, comme le dit le Chef de l’Etat : « l’avenir de la Guinée, c’est la Paix, la Réconciliation, la Liberté et la Justice ».
Cette mission, le CNDD s’est engagé par la voix de son Chef à travers son discours programme du 14 Janvier 2009 de l’assumer en toute responsabilité devant l’histoire.
Des élections libres et transparentes avec à la clé un retour à l’ordre constitutionnelle normale telle que voulu par les Guinéens, la bonne gouvernance, le rétablissement des équilibres macro économiques, le respect des conventions internationales, la mise sur pied d’une administration au service des administrés, la sécurité des populations à travers d’une justice équitable telles sont les objectifs de l’équipe dirigée par le Capitaine Moussa Dadis Camara qui méritent le soutien sans faille de tous les partenaires au développement de la Guinée.
Les Carnets de la Présidence de la République
Le Bureau de Presse
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